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mardi 17 mars 2015

Billet d'humeur #4 - Toute la vie fout le camp


 
Bonsoir les curieux. J'espère que vous allez bien. Moi, figurez-vous que j'ai eu le malheur d'allumer la télévision, chose que je n'avais plus fait depuis très longtemps. Je ne me souvenais même plus du numéro des chaînes, c'est dire... J'ai eu du mal à m'en remettre et une série de questions m'est venue en tête. Je les partage avec vous,  peut-être que quelqu'un aura une ou des réponses.




Pourquoi est-ce que Zazie est tellement botoxée que ça s'entend quand elle parle?

Pourquoi le jury de The Voice bousille les Beatles et que personne n'a l'air de s'en rendre compte? 

Pourquoi Jean-Jacques Goldman a écrit un texte de vieux réac' alors qu'il a la plus belle plume francophone et qu'il a écrit des textes si profonds?

Pourquoi les Enfoirés sont devenus ce qu'ils sont en cédant à tant de chants de sirène?

Pourquoi moi je prends des rides (bon pas vite, le ciel soit loué) et pas Evelyne Dhéliat  et Sophie Davant qui faisaient déjà de la tv alors que j'apprenais à lire, il y a de cela trente ans?

Pourquoi Florent Pagny il dit "bouffer" à la tv?


Et ensuite, même si ça n'a plus rien à voir avec la télévision, d'autres questions ont suivi: 

Pourquoi, à l'école, mon loulou n'apprend pas à écrire en faisant des lignes dans un cahier et qu'après l'instit se plaint de l'absence d'élégance de son écriture?

Pourquoi les journaux de mon enfance sont-ils devenus des torchons?

Etc.

La liste pourrait être beaucoup plus longue, mais vous avez compris l'idée je pense...

Je laisse à chacun le soin de méditer là-dessus. Je retourne bouquiner et vous préparer quelques chroniques littéraires...

Portez-vous bien! Soyez curieux et laissez-moi vos propres questions en commentaire!

Ness Butterfly

dimanche 7 décembre 2014

Billet d'humeur #2 - Etre le premier


Bonsoir les curieux! Et oui, le weekend se termine déjà. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, il est passé à une vitesse folle, il faut dire que je n'ai pas arrêté une seconde! Si vous me suivez chaque semaine, vous n'êtes pas sans savoir que je me prépare à déménager (où, je ne sais pas encore) et à vendre mon actuel chez moi (à qui, je ne sais pas encore non plus). Bref, ce weekend, je n'ai pas pu me poser pour terminer l'article commencé pendant la semaine, j'ai dû attendre dimanche 17h pour m'y coller à mon aise. Je suis fourbue, mais heureuse de vous retrouver après avoir accompli mes devoirs immobiliers. Vous êtes en quelque sorte la récompense à mon dur labeur!

Cette semaine, j'avais envie de partager une anecdote et les pensées y afférentes avec vous. C'est que j'ai le temps de réfléchir en faisant mes cartons, hein.

La semaine dernière, le loulou, qui a participé à une course d'orientation a eu cette remarque magnifique: 

"Maman, je n'ai pas compris pourquoi x et y se sont précipités de la sorte, avec mon ami, on n'avait pas envie de courir si vite, c'est vrai quoi, pour une fois qu'on est en pleine nature! Non mais c'est vrai, vraiment en pleine nature quoi. L'air, il ne sentait pas pareil, il sentait bon. On avait envie de le respirer. Il y avait des feuilles mortes partout, on les regardait. J'ai ramassé des beaux cailloux, on a regardé le ciel. On a tout regardé. Alors ils sont partis loin devant et nous ont abandonné là. Ils nous ont pris pour des cons, mais c'est eux les cons, hein maman?".

J'y ai repensé un matin en arrivant sur le lieu de ma réunion, mandatée par mon employeur. 

Je fais une parenthèse pour contextualiser.
Je n'ai plus de desktop au bureau, mais un laptop que je me dois bien sûr d'emporter lors de mes réunions externes. Quand nous avons reçu ce nouvel outil de travail, il avait pour but de nous permettre de télétravailler un jour par semaine (oui excellent point, j'en suis ravie, j'en conviens) et de nous faciliter la prise de notes. Par la suite, il nous a permis de rédiger directement un compte-rendu complet des dites réunions et de l'envoyer en direct live à notre supérieur. Aujourd'hui, on en est au compte-rendu en direct live ET au traitement des mails entrants. Tout ça pendant les dites réunions. Autrement dit, ce que l'on faisait avant en trois demi-jours, nous le faisons désormais en un demi. Je vous laisse juger du côté intellectuellement éreintant et positif… ou pas de l'affaire. Fin de la parenthèse.

Je disais donc que j'ai repensé à la magnifique remarque pleine de philosophie et de bon sens du loulou. En effet, pour pouvoir fonctionner comme indiqué ci-dessus, un accès au net est obligatoire. Hors, il se fait qu'il n'y a pas assez d'accès pour combler les besoins de l'ensemble des protagonistes laptopés lors des réunions externes. Et je me suis trouvée soulagée d'arriver la première, ayant ainsi la garantie d'accéder au sésame. Pire, j'ai poussé le vice, devant urgemment délester ma vessie, de d'abord me connecter au cas où la foule en délire arriverait pendant l'évacuation de mon urée, ne voulant pas me retrouver le bec dans… l'eau.

Dix-huit mois de transition et certains de mes réflexes pavlovien sont encore bien ancrés. Didju! Je m'en suis voulue (non non pas au point de me flageller, les rechutes sont normales, le principal est de les voir et de les fuir). Pourtant je déteste courir pour arriver la première en vrai au fond de moi. D'ailleurs, ce trait de caractère me cause bien des bévues, me donnant parfois dans le monde implacable du travail l'image d'une molassonne dépourvue d'ambition - ou d'une rêveuse les jours où j'ai plus de chance. Attention, je rends toujours mes dossiers dans le respect des sacro-saintes deadlines, même celles qui ne sont que purement fictives, quand je sais pertinemment à l'avance que mon travail va rester deux ans au frigo malgré son caractère urgentissime. Je suis qui plus est quelqu'un d'extrêmement dynamique et enthousiaste. Je peux abattre des sommes de travail monstre et soulever des montagnes (la preuve ce weekend, si vous saviez ^^). Mais ce n'est pas suffisant si l'ambition n'y est pas. L'ambition d'arriver le premier, l'ambition de montrer ce qu'on vaut et ce qu'on veut. Montre-toi et tu auras. Il n'y a pas que dans le travail d'ailleurs que ça me pose souci. Ne pas vouloir être le premier, c'est se faire bousculer dans le métro, se faire bousculer sur le trottoir, au passage pour piétons, ne pas obtenir le dernier article en rayon, faire la file plus longtemps à la caisse.

 
Et cette chanson de Goldman de me revenir en tête... 





Pour moi, ne pas vouloir être la première, c'est ne pas me perdre. C'est être là avec vous aujourd'hui, plutôt qu'ailleurs. C'est placer l'humain au centre des débats. C'est penser à l'autre, c'est essayer d'être solidaire, le plus possible, c'est chérir la vie plutôt que le système, c'est prendre ses responsabilités, en profondeur, en toute conscience et pas pour se fondre/confondre dans les rouages d'un système où la violence quotidienne ne fait que se renforcer chaque jour un peu plus. Je ne veux pas être violente et je ne veux pas avoir à subir cette violence. Je ne veux pas/plus contribuer à ça. 

Je préfère être la dernière d'avoir réfléchi plutôt que d'être la première d'avoir couru.

Je vous souhaite une belle semaine plein de lenteurs assumées les curieux! Je vous embrasse et je vous dis à la semaine prochaine pour un article consacré, je l'espère, à la part d'art qui sommeille en chacun de nous!



Ness Butterfly
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samedi 15 novembre 2014

Billet d'humeur #1 - Ma première grève





Voilà un petit moment que j'ai envie de vous proposer des billets d'humeur sur le blog. Je reporte chaque fois "à plus tard", "quand j'aurai plus de temps pour réfléchir au concept et me poser pour écrire". Je n'avais donc pas prévu de publier un billet d'humeur aujourd'hui, et puis je me suis dis, allez, courage, lance-toi. Le texte que je vais vous livrer ci-dessous, je l'ai écrit il y a une semaine déjà, j'avais besoin de poser les mots sur le papier en réponse à certaines réactions que j'ai pu observer ou que l'on m'a rapportées.


 

Voici ma petite bafouille...
Cette semaine, je n'ai pas eu le coeur à écrire un article. J'ai pourtant plein d'articles à finaliser. Cette semaine, j'ai mal au coeur. Cette semaine, j'ai le cerveau embrouillé. Mon employeur a licencié plusieurs personnes en quelques jours. Un chiffre énorme pour une "petite boîte au service de la population". Un chiffre qui va grossir, on le sait. Des licenciements pour raisons économiques alourdis par un manque d'humanité évident. "Il n'y a pas de manière humaine de licencier" m'a-t-on répondu.

Combien de personnes de nos jours se retranchent derrière ce genre d'arguments et ce dans tellement de domaines? "On ne sait pas faire autrement." "Le monde est ainsi fait." "Il doit y avoir une raison, ces gens sont responsables de ce qui leur arrive." "C'est la vie." Et ces mêmes personnes zappent ce qui se passe sous leurs yeux comme ils passent d'une chaîne à l'autre le soir devant leur télévision. Ces gens vivent-ils comme des zombies? N'ont-ils pas de coeur? Et si c'était eux demain? Si c'était eux qui valsaient la gueule dehors sans sommation? Si c'était eux qui ne pouvaient plus rembourser leur(s) prêt(s), payer les études de leurs enfants, si c'étaient eux demain les fiers qui se retrouvaient tout en bas de l'échelle avec ce qu'ils prennent pour la lie de la société, dépassés, obsolètes, vilains pas beaux bon à rien qu'on finira par traiter de profiteurs à moins qu'ils n'aient l'immense chance de trouver et d'accepter un  job infâme et dégradant. Pourquoi j'ai mal et pas eux?

C'est en pensant à ces gens, à mon loulou et au monde qui l'attend, au monde d'aujourd'hui et à celui de demain, au monde dont je rêve moi, que je me suis rendue à la manifestation nationale de ce 6 novembre à Bruxelles. En plus d'être "trop sensible", me voilà gréviste ET manifestante. J'ai la chance d'avoir pu exercer mon droit de grève, je ne fais pas partie de ces gens au contrat précaire qui n'ont pas osé s'absenter de leur boulot. J'ai la chance de ne pas avoir été menacée de licenciement si je me mettais en grève. Mais que de regards de travers. Quelle mouche l'a piquée? N'a-t-elle pas assez de boulot pour se permettre une journée à rien faire? Et puis, à quoi ça sert? D'autres, ailleurs, qui bénéficient d'un solide contrat, le genre qu'on ne casse pas comme ça,  on leur a promis une carrière brisée, plus aucun avancement possible, à moins de rester le cul sur sa chaise à travailler, loin des grévistes, ces contagieux.

Je rappelle que nous, belges, avons un gouvernement néo-libéral à la solde d'une Europe qui ne place pas l'humain au centre des débats. Je rappelle que des personnes proches de l'extrême-droite composent ce gouvernement. Je rappelle que les mesures qui se trouvent dans l'accord de gouvernement ne vont faire que creuser des inégalités (pour faire court). Je rappelle la Grèce (et que ceux qui pensent que nous sommes loin de leur situation se renseignent). Et puis merde. Oui merde. J'ai le droit de penser que nous vivons dans un monde de fous. Que nous subissons une forme de servitude moderne complètement hallucinante et qu'autre chose est possible. J'ai le droit de regarder en direction des mouvements alternatifs, ceux qui parlent d'autonomie alimentaire, de transition, de consom'action, de décroissance, de solidarité. J'ai le droit de chérir la vie, la mienne et celles des autres, et de vouloir construire autre chose, ailleurs. Ceux qui en rient, qui regardent ça de haut, qualifient de doux rêveurs ou d'hypersensibles en ont tout autant le droit.

Mais qui a le droit de ne pas placer l'humain au coeur du débat? Qui peut s'octroyer ce droit sans qu'on lui jette au minimum un regard de travers?

Je ne m'octroye pas ce droit, au contraire, je me fais un devoir de faire tout l'inverse. Et c'est moi qu'on regarde de travers. Y'a pas comme un souci là???

Ce texte a été écrit en pensant fort à toi, Ani, et aux autres...


J'espère que mon premier billet d'humeur vous a plu. N'hésitez pas à me dire si vous en voulez encore ou pas.

Doux weekend les curieux <3


Ness Butterfly
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